En ce temps de colère et révolte étudiante à travers le monde (notamment ici, en Italie et en Grande-Bretagne), j'ai pensé mentionner dans les prochains jours quelques contextes de grèves historiques où les femmes ont eu un rôle majeur! On parle peu de leur participation à l'effervescence syndicale, et pourtant...
Grève des allumettières de Hull en 1924
Ces femmes étaient syndiquées. Leur syndicat était affilié au Syndicat catholique (ancêtre de la CSN), très peu militant à cette époque. Elles agissent d’abord sans avertir la direction du syndicat (direction composée d’hommes) et de manière spontanée dès l'annonce de baisse salariale. Le conflit concerne également le remplacement des contremaîtresses par des contremaîtres. C'est une des premières manifestation publique pour souligner que les femmes ne veulent pas travailler sous les ordres d'hommes. Cette grève fut appuyée à la fois par le syndicat catholique et par la population en général. La médiation finit par une entente qui ne fut pas respectée par l'employeur. Source: « Le syndicat catholique des allumettières de Hull, 1919-1924 » Michelle Lapointe Revue d'histoire de l'Amérique française, vol. 32, n° 4, 1979, p. 603-628.
Dernièrement, j'ai assisté à une conférence sur la place du féminisme dans les médias de masse. L'une des conférencières a émis l'hypothèse que le féminisme radical n'avait pas de visibilité dans les médias car il n'était ni sexy ni vendeur à leurs yeux. Pas besoin d'avoir étudié les médias en long et en large pour savoir qu'ils sélectionnent leur contenu en fonction de l'intérêt qu'il va susciter dans la population. Les dénonciations des féministes sont devenues trop banales pour servir leur sensationnalisme et trop "passées-date" pour mériter de l'attention. Même le 8 mars est devenu une occasion de faire passer le discours des antiféministes avant le nôtre. On a dit aussi lors de cette conférence que les "ismes" effrayaient les gens, qu'il fallait y aller plus subtilement, utiliser l'humour. Une participante a répondu que pourtant les nationalismes, fédéralismes n'ont jamais été écartés, que pourtant l'"écologisme" est plus vendeur que jamais. Et n'oublions jamais notre chère PETA...
Avec tout ça, vous vous demandez peut-être comme moi: à quoi ça ressemble du féminisme sexy? À ça, apparemment.
Femen est une association féministe ukrainienne qui lutte entre autres contre le tourisme sexuel. Elles sont connues pour les actions qu'elles font les seins nus. Le vidéo qui suit les présente et montre plusieurs des actions qu'elles ont faites dans les dernières années.
Bon, je vous avoue que tout ça me trouble un peu. Une chose est certaine, on comprend pourquoi elles font parler d'elles. De là à dire que leur message passe, c'est autre chose. Je ne pense pas que le fait d'utiliser leurs propres corps de cette façon est cohérent avec le message qu'elles veulent transmettre. Ça revient à dire à tout le monde que se mettre nue est vraiment le seul moyen pour les femmes d'être entendues. "Tu veux que je t'écoute? Montre-moi tes seins!" Et après la personne n'écoute quand même pas parce qu'elle est trop occupée à profiter de la vue. J'ai plutôt l'impression que ce genre d'action renforce les stéréotypes sexuels et l'image de la femme comme objet sexuel. Pensez-vous qu'elles passent des auditions pour leur groupe? Ya pas une seule fille dans les vidéos qui se démarque par son poids par exemple. Si le patriarcat était une personne, il serait mort de rire. Même plus besoin de pousser les filles à se déshabiller, elles le font elles-mêmes pour défendre leurs droits! Si c'est ça un féminisme sexy, j'en veux pas.
Si un féminisme sexy c'est plutôt une gang de filles engagées, sûres d'elles-mêmes, fières de ce qu'elles sont et de ce qu'elles pensent, des filles de toutes les tailles et couleurs, alors le féminisme est DÉJÀ sexy. Et tant pis pour les médias qui ne veulent pas le voir.
Refuser que les droits des femmes servent de prétexte à la guerre
Intervenir si nous entendons des paroles violentes ou sexistes
Intervenir lorsqu'une femme se fait harceler ou violenter
Dénoncer les propos antiféministes
Dénoncer la banalisation de la violence
À chaque jour durant cette campagne se dérouleront diverses activités. Vous trouverez les informations nécessaires sur le site de la FFQ entre autres. Le point culminant sera la commémoration de l'attentat de Polytechnique le 6 décembre.
Que pensez-vous de l’initiative «La journée de la jupe»? Y a-t-il des précédents?
Le printemps de la jupe existe depuis 2006: c’est une très belle initiative, partie d’un lycée agricole près de Rennes. Les élèves y sont amenés à réfléchir aux relations entre les sexes, au sexisme, à la violence. C’est une association extérieure à l’établissement (Libertés couleurs) qui intervient pour libérer la parole des jeunes: des jugements portés sur le vêtement, on passe vite à des questions qui relèvent de la gestion de la mixité.
La journée de la jupe de NPNS est de nature différente. Il faudra en faire le bilan. Je me demande si les femmes qui ont connu l’interdiction du pantalon lorsqu’elles étaient élèves seront enthousiastes.
La jupe, après avoir été symbole du sexisme, peut-elle devenir celui de l’antisexisme? C’est possible, mais le risque est grand de recréer une assignation identitaire. La «fierté féminine» peut servir des objectifs politiques progressistes autant que conservateurs (voir Sarah Palin et les tubes de rouge à lèvres brandis dans ses meetings).
A mon sens la jupe ne pourra devenir vraiment libératrice que si elle concerne aussi les hommes. Combien d’hommes aujourd’hui porteront la jupe pour dénoncer les violences que subissent tant de femmes?
La fête de la consommation approche (mieux connue sous le nom de Noël), la course aux millions de cadeaux également… et inévitablement mon découragement face à tout ce phénomène. Il faut qu’en plus de la surconsommation, on voit les allées habituelles de jouets qui ressemblent à ceci…
L'année dernière, j'ai également profité de cette période de l'année pour parler des jouets sexistes; Bleu, Rose ... Jouets sexistes Et bien! Je récidive!
De belles affiches sur le sujet! (Possible matériel de sensibilisation?)
Et petite idée livre; Le féminisme québécois raconté à Camille Micheline Dumont
Qui est donc cette jeune femme qui court dans la rue ? Où va-t-elle? À l’image de cette jeune femme, les Québécoises ont avancé vers leur liberté et leur autonomie, parfois en courant, parfois à petits pas. C’est cette passionnante histoire, déjà longue de plus de 100 ans, dont Micheline Dumont relate les multiples épisodes, dans ce récit adressé à Camille, sa petite-fille âgée de 15 ans.
Ce récit s’amorce à la fin du XIXe siècle, alors qu’un peu partout dans le monde, les femmes de la bourgeoisie entreprennent de faire entendre leur voix dans une société dominée par les hommes. Au Québec, quelques audacieuses se lancent dans ce projet. Elles nous paraissent aujourd’hui bien timides, pourtant on les accusait alors de vouloir briser la société.
Après plus d’un siècle d’action, le féminisme a réussi à transformer la condition des femmes du Québec et à rejoindre les femmes du monde entier. Profondément convaincue qu’une meilleure connaissance de notre histoire nous aidera à comprendre que le féminisme n’est ni dépassé ni inutile, mais au contraire toujours nécessaire, Micheline Dumont a mis à profit sa vaste expérience d’historienne pour écrire ce livre d’histoire vivante.
«Ce livre s’adresse aux jeunes femmes du XXIe siècle, à qui je souhaite raconter l’histoire du féminisme au Québec depuis plus d’un siècle. Il s’adresse aussi à toutes les femmes qui n’ont pas beaucoup d’atomes crochus avec les livres savants, avec les notes au bas des pages ou avec les rapports de recherche.» — Micheline Dumont, extrait de l’avant-propos
Et pour finir n'hésitez pas à discuter avec votre entourage des jouets sexistes et de leur effets sur la construction sociale des enfants!
La semaine passée, je vous ai fait un certain nombre de suggestions de documentaires à voir lors des Rencontres Internationales du Documentaire de Montréal. J'aime prêcher par l'exemple lorsque possible, je suis donc allée voir Ragazze la vita trema hier soir. On pourrait traduire le titre par "Les filles, la vie tressaille". Produit par Paola Sangiovanni, le documentaire nous dresse un portrait de l'Italie des années 60-70 à travers les regards de 4 femmes ayant participé au mouvement féministe de l'époque. Accompagnées de superbes images d'archives, les femmes nous parlent d'une façon très intime de leur vécu, de leur implication, de ce que le mouvement féministe représentait pour elles. Je recommande définitivement le visionnement de ce documentaire!
(Le signe de triangle sur la photo de droite est le salut féministe qu'utilisait les Italiennes. On l'adopte? :) )
Ce qui frappe en regardant le documentaire ce sont entre autres les similitudes évidentes entre la façon dont le féminisme de "deuxième vague" a émergé ici et là-bas dans ces années fertiles en révolte. On nous montre le mécontentement des femmes impliquées dans les différents mouvements sociaux (étudiant, communiste, etc) face à la place qui leur est donnée pour s'exprimer, la cassure qu'il y a entre la perception qu'elles ont d'elles même comme "personnes" et que les autres ont d'elles comme "femmes". On voit bien comment le fait qu'elles ne se sentaient pas écoutées et respectées les a poussées à s'organiser sur des bases non-mixtes. Le documentaire exprime aussi les différentes manières qu'avait le féminisme de se manifester: à travers des groupes de prise de conscience, de la radio, des occupations, des pressions politiques sur le gouvernement. On voit aussi comment une partie des militantes se radicalisent devant une répression étatique accrue, causée entre autres par les activités de groupes terroristes comme les Brigades rouges alors que d'autres féministes prennent peur et refusent la violence.
Bref un documentaire à voir si vous vous intéressez à l'histoire du féminisme, au foisonnement militant de mai 68 ou à l'Italie en général. Et surtout, un film à voir si vous aimez les vidéos de manifestations! ;)
Je suis tombée en amour avec Dolly Parton cette semaine. Je savais qui c'était, je l'avais déjà vue à la télé avant, mais cette semaine je l'ai vraiment découverte. J'ai fait plein de recherches sur elle, son lien avec le féminisme et tout ça. Puis je me suis dit que j'allais laisser ses chansons parler pour elle. :)
En bref, la plupart des journalistes, critiques et fans s'entendent pour dire d'elle qu'elle est une icône féministe (et pour la communauté gaie). Quant à savoir si elle-même se disait féministe...dur à dire. Malgré tout, il n 'y pas de doute que certaines chansons qu'elle a écrite véhiculent un message se rapprochant du féminisme.
Nine to Five
Certains considèrent que c'est la chanson Nine to Five qui lui a donné son statut d'icône. Cette chanson parle de l'aliénation du travail féminin (principalement de bureau). Elle a joué dans un film du même titre en 1980. C'est cette chanson là qui m'a accroché et je dois dire que j'ai passé une bien meilleure journée au travail après l'avoir écouté samedi dernier! Merci Dolly! En prime dans le vidéo : des personnages de Disney.
Just Because I'm a Woman
D'autres avancent plutôt que c'est la chanson Just Because I'm a Woman (cliquez le lien pour l'entendre) qui lui vaut le titre de féministe. La chanson dénonce le double standard en ce qui concerne la sexualité. Elle l'aurait écrite lors d'une dispute avec son mari lorsqu'il a appris qu'elle avait eu d'autres amants avant de l'épouser. Les paroles sont ici.
"Just let me tell you this Then we'll both know where we stand My mistakes are no worse than yours Just because I'm a woman "
Dumb Blonde
Dolly a aussi écrit des chansons pour répondre aux gens qui pensaient qu'elle était stupide, ou qu'elle n'était QUE blonde. Sa carrière a prouvé à tous combien ils avaient tort.
"Just because I'm blonde Don't think I'm dumb Cause this dumb blonde ain't nobody's fool "
Backwood Barbie
"I've always been misunderstood because of how I look. Don't judge me by the cover 'cause I'm a real good book. So read into it what you will, but see me as I am. The way I look is just a country girl's idea of glam.
I'm just a backwoods Barbie in a push-up bra and heels. I might look artificial, but where it counts I'm real. And I'm all dolled up and hopin' for a chance to prove my worth, And even backwoods Barbie's get their feelings hurt. "
En bref, Dolly Parton et ses chansons ont certainement eu une grande influence sur des milliers de femmes. Elle a été un modèle, pas nécessairement vestimentaire (elle dit elle-même :"It costs a lot of money to look this cheap") mais plutôt en ce qui concerne l'affirmation de soi, de sa sexualité. Elle a aussi donné de l'espoir à pleins de femmes qui voulaient faire carrière, que ce soit dans la musique ou comme femme d'affaire.
En bonus, la chanson qui l'a rendu célèbre : Jolene
...Le Wapikoni mobile, studio ambulant de formation et de création audiovisuelles et musicales, circule depuis cinq ans dans les communautés des Premières Nations du Québec. Cette organisation unique en son genre donne aux jeunes autochtones l'occasion de s'exprimer au moyen de réalisations vidéo et musicales. Tout en encourageant l'émergence des talents, il facilite les échanges et la communication entre les jeunes et contribue à leur ouverture sur le monde. Il leur donne l'occasion de se faire connaître, de sortir de leur cadre de vie habituel et de rayonner autant dans leur milieu que dans le monde.
Conçu en 2004 par la cinéaste Manon Barbeau, le projet Wapikoni mobile a pris naissance à Wemotaci en 2000 alors que Manon Barbeau travaillait en collaboration avec un groupe de jeunes Atikamekws à l’écriture d’un scénario de film. Sa plus fidèle collaboratrice était alors une jeune fille de 20 ans, Wapikoni Awashish. Impliquée au Conseil des jeunes de Wemotaci, Wapikoni, travaillait au développement de plusieurs projets pour sa communauté. Alors qu’il y avait beaucoup de détresse et de suicide chez les jeunes autour d’elle, elle incarnait la santé, la force et l’espoir et constituait un modèle positif pour sa génération.
Malheureusement, en mai 2002, Wapikoni trouvait la mort dans un accident alors que sa voiture heurtait un camion forestier sur la route 25. C’est pour honorer sa mémoire et pour venir en aide aux jeunes de son âge que le Wapikoni mobile a été créé.
Leur site web http://www.wapikoni.ca/
4 réalisations des jeunes qui m'ont particulièrement plu!
Anishnabekwe Yasmina Jérôme, Blake Hunter, Krystin Mathias Hunter, Sokayna Jérôme et Sharène Néquado-Niquay ont réalisé un film qui rend hommage au rôle de la femme dans les traditions Anishnabe. Lac Simon, hiver 2010.
La marche des femmes
Je me souviens Témoignage troublant sur l'épisode des pensionnats autochtones.