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dimanche 2 décembre 2012

SONDAGE: Le palmarès de la honte 2012

*SONDAGE TERMINÉ* Vous pouvez voir les résultats ici.

Bonjour à toutes, amies furiesques!

Nous ne sommes pas très actives ces derniers temps, mais nous sommes de retour juste à temps pour faire élire notre sexiste préféré-e de l'année! La lutte sera féroce, car malheureusement les manifestations de sexisme n'ont pas cessé depuis l'an dernier. La liste des candidat-es est variée. Bonne chance pour faire votre choix! Nous révèlerons la personne/chose gagnante au début du mois de janvier!

La personne/chose sexiste de l'année 2012?
François Legault
Produits inutiles pour femmes
Les Républicains
Groupe Facebook Toutes des folles
Rona Ambrose



Les candidatures plus en détails!

Dans le coin sud: François Legault sous son meilleur jour

Durant la campagne électorale québécoise qui s'est achevée récemment, le candidat François Legault nous a offert quelques perles de sagesse. 

À la suite d'un sondage affirmant que l'électorat féminin le boudait, Legault affirmait que:

 " Le changement, c’est sûr que ça amène toujours une période d’incertitude donc ça inquiète certaines personnes mais je pense qu’on est rendus à l’étape où on n’a pas le choix de faire ces changements puis c’est ce qu’on va essayer d’expliquer aux femmes du Québec".
 Sa stratégie pour convaincre les femmes: 

«Je vais essayer d'examiner ce que je peux faire pour plaire davantage aux femmes», a dit François Legault, s'interrogeant sur sa tenue vestimentaire. «Cravate, pas de cravate?»

Pourtant, il est loin de les avoir convaincues, entre autre lorsqu'il affirme que les femmes, plus précisément les enseignantes, sont moins préoccupées par le salaire que les hommes. Il propose donc d'augmenter le salaire des enseignant-es pour attirer plus d'hommes en éducation.

 «Les garçons attachent plus d'importance que les filles au salaire, cela explique pourquoi des garçons vont devenir ingénieur plutôt qu'enseignant», laisse-t-il savoir.
Donc, à défaut de gagner les élections, gagnera-t-il notre sondage? 


Dans le coin est: Produits stupides pour femmes

Malgré tous les progrès effectués par les femmes, malgré les innombrables preuves que les femmes et les hommes peuvent s'intéresser aux mêmes choses et consommer les mêmes produits, les concepteurs et publicistes s'entêtent à créer des produits ridicules ciblant les femmes. Par exemple:

Le tout nouveau modèle de Honda Fit "She's": En résumé, la voiture est rose et elle réduit les rides à l'aide de ses vitres qui bloquent les rayons ultraviolets et son système d'air climatisé qui améliore le teint. WOW.


Second produit: Les stylos Bic for Her
Personne ne peut mieux le ridiculiser qu'Ellen Degeneres dans ce vidéo!


 En avez-vous assez du marketing rose et idiot prenant les femmes pour des nunuches?

Dans le coin nord: Les Républicains apologistes du viol 

Dans les derniers mois, nous avons aussi eu la chance de subir une élection présidentielle aux États-Unis. Comme d'habitude, les Républicains en ont profité pour se montrer sur leur jour le plus glorieux. Plus de cinq candidats républicains nous ont offert des faits(!) sur le viol dont nous n'avions jamais entendu parler.

Prenons d'abord Todd Akin qui s'est fait un plaisir de nous apprendre des merveilles sur le coprs féminin. Saviez-vous que lorsqu'un viol est "légitime", le corps va magiquement bloquer le sperme et que la femme ne pourra tomber enceinte? Non, hein? Eh oui, donc si vous tombez enceinte après un viol, bien ce n'en était pas un. Désolée de vous l'apprendre.

Un autre candidat, Roger Rivard, s'est contenté de dire que certaines femmes sont juste "faciles" à violer. Après avoir provoqué un tollé avec cette déclaration, il a tenu à clarifier ces propos. Ce que nous en comprenons par la suite, c'est que même si la relation est consensuelle le soir, elle peut être devenue un viol le lendemain si la jeune fille a besoin de se justifier auprès de ses parents ou pour une grosses non désirée.  Bravo pour encourager l'idée que les femmes ne font qu'utiliser les accusations de viol à leurs propres fins.

Enfin, pour tourner le fer dans la plaie, Rick Santorum et Richard Murdock ont tenté de nous consoler en nous disant qu'au fond, si un enfant naissait des suites d'un viol, il s'agissait d'un "cadeau de Dieu"...  Je vous laisse méditer là-dessus.

Malheureusement, il ne s'agit que de quelques affirmations horribles parmi une tonne. Le tableau sur la droite en témoigne.

 Est-ce que les apologistes du viol vous ont convaincues de voter pour eux? Ça les consolerait peut-être d'avoir tous perdu leurs élections.





Dans le coin ouest:  Groupe Facebook Toutes des folles

Facebook n'en finit plus de nous prouver sa tolérance envers les groupes misogynes et haineux. Le groupe misogyne Toutes des folles a dû être fermé par des militant-es anti-fascistes. Ce groupe faisait l'apologie de la violence envers les femmes sous toutes ses formes et se plaisaient à dire qu'elles étaient toutes folles. Ils produisaient et vendaient des autocollants TDF et les apposaient un peu partout sur leurs voitures et vitrines de commerces. Voici deux exemples parmi tant d'autre de leur stupidité.




À ceux et celles qui pourraient penser qu'il ne s'agit que d'humour inoffensif, il faut voir comment ils se justifient auprès des médias qui les ont interrogés.

Questionnés dans un stationnement de la ville, des membres ont défendu l'existence du groupe TDF. « Ça prouve la vérité, il y en a qui sont folles dans la tête! », déclare Thomas Vermeron.

Pour Jean Stéphane, le site est en réaction aux critiques de femmes envers les hommes. « On dirait qu'on essaie de se venger, c'est comme un petit trip personnel », affirme-t-il.

 Alors, allez-vous vivre votre propre petit trip personnel en votant pour eux?


Dans le coin centre:   Rona Ambrose

Les Conservateurs du Canada n'en finissent plus d'asséner des attaques à notre droit à l'avortement. L'une des dernières en lice était le projet de loi M-312, présenté par le député Stephen Woodworth. Ce projet visait à étudier le foetus en vue d'éventuellement lui accorder le statut de personne dans notre code criminel. Cette action entraînerait une criminalisation du droit à l'avortement. Il s'agit là de l'objectif explicite du député. Bien qu'il mériterait lui même une place dans ce palmarès, c'est la ministre de la condition féminine Rona Ambrose qui s'est particulièrement illustrée en votant POUR le projet de loi. Une ministre de la condition féminine qui vote en faveur d'un projet de loi anti-choix.... OK.... Nous n'avons rien d'autre à dire là-dessus.

Est-ce que ce sera la candidate qui fera frémir votre utérus?


À vos votes! Les résultats à venir! Joyeuses fêtes à toutes!

Les Furies

samedi 7 juillet 2012

''Il faut que tu vois ça'' ou ''Je vais te montrer les meilleures serviettes mentruelles derrière un rideau''

Dernièrement, cette publicité a attiré mon attention :

(Elle ne se retrouvait pas sur le web alors la pub est filmé avec les moyens du bord. Désolé, il manque une partie du début, où la femme contemple un tableau dans une galerie d'art, l'homme s’approche d'elle et commence la conversation.)




Bon... par où commencer!

C'est assez clair, c'est une publicité de serviettes menstruelles de Stayfree (propriété de Johnson & amp; Johnson), bien que jamais on ne mentionne les mots menstruations, serviettes, règles etc. On parle seulement du ''défi'' et de voir ''ça''. On observe clairement un tabou autour du sujet dans le dialogue, peut-être parce qu'un des personnages est un homme?

D'ailleurs, c'est assez étrange, il n'est pas assez à l'aise pour parler ouvertement de menstruations ou montrer clairement les serviettes (le rideau qui se ferme), mais assez pour accoster des femmes sur la place publique, les inviter à changer de serviette et relever le fameux défi. D'ailleurs, la page facebook de la compagnie est remplie de commentaires de femmes mécontentes qui mentionnent que la publicité est stupide et que ce n'est pas un homme qui va leur dire quelles serviettes utilisées. Visiblement le paternalisme n'est pas apprécié, surtout lorsque le fameux ''impressionniste'' de la publicité n'a bien évidemment jamais utilisé de serviettes.

Oh surprise, en faisant des petites recherches, on découvre que ce n'est pas la première publicité peu reluisante de cette compagnie. Il y a deux ans, une série de publicité avait fait jaser. Elles mettent en vedettes Ryan, qui confectionne des jouets pour des enfants défavorisés, Trevor, un médecin obsédé par le ménage, et Brad, un cuisinier et auteur de livres. Les trois enlèvent soudainement leur t-shirt et expliquent les avantages des serviettes.

Deux articles de l'époque sur le sujet
Campagne sexiste de Stayfree
Des beaux mâles et des serviettes hygiéniques : la pub Stayfree


De mon côté, après visionnement, j'ai dû rire pendant deux minutes tellement le concept est ridicule et stéréotypé.
Voici la publicité de Brad et  Ryan:

Stayfree:A date with Brad from Faruk Erman on Vimeo.



Stayfree:A date with Ryan from Faruk Erman on Vimeo.



On dirait que les publicitaires échouent lamentablement à inclure des hommes dans les publicité de produits mentruels sans utiliser un ton paternaliste ou des stéréotypes grossiers. Pourtant, il pourrait être intéressant de voir des hommes abordés ouvertement (et normalement) les menstruations afin de briser le tabou menstruel et non pas seulement afin de se mettre torse nu ou nous faire la leçon.  Malheureusement, avec le sexisme ambiant dans le monde de la publicité, on va peut-être attendre longtemps ce genre de publicité.


jeudi 15 décembre 2011

Palmarès des jouets sexistes

Comme vous avez pu le constater les années précédentes avec Bleu, Rose ... Jouets sexistes et Course aux cadeau, j'aime bien profiter du temps des fêtes pour souligner le sexisme des jouets pour enfants et la folie consommatrice qui s'empare de tout le monde.

Malheureusement, il serait difficile de faire exception, cette année encore, étant donné l'imagination incroyable des fabricants pour nous offrir le summum du sexisme!


Petit palmarès!
  • Le catalogue TOYS R US!

Les images de ce catalogue ainsi que celui du WalMart sont analysés dans cet article:  Have Yourself A Very Sexist Holiday

  • Le fer à repasser.
    ''Fais comme maman! C'est presque vrai!''
    Le repassage c'est tellement passionnant!
  • Collection de livres
    P'tit garçon; ambulancier et tracteur! P'tite fille; fée et coiffeuse


  • Une poupée
    ...qui fait de la danse poteau.


  • Une maison
    Oui, oui, une vrai où tu peux faire des choses extraordinaires comme le lavage, la vaisselle, la cuisine, s'occuper des enfants...


  • Jeu Monopoly
    Pourquoi acheter un jeu de Monopoly ordinaire quand on peut acheter sa version rose?

  • T-Shirt
    ''Mes sujets préférés : Les garçons, le magasinage, la musique et danser.''

  • Les LEGO... un jeu unisexe?!
    Bah voyonc donc pourquoi se passer du plaisir du rose, des princesses, de la cuisine et des bébés!

  • Une brassière d'allaitement
    Quoi?!? Misère...




Quelques-unes des trouvailles sont issues de : Sexist Toys You Should Avoid This Holiday Season



Cette vague de sexisme rosé vous rend malade. Ne vous inquiétez pas! Une suite à cet article, dans les prochains jours, viendra montrer des initiatives qui existent pour contester les stéréotypes véhiculée par les jouets genrés.       Pour en finir avec les jouets sexistes

Et question de se laisser sur une bonne note!

samedi 2 avril 2011

Salon national de LA femme 2011

En cette fin de semaine du Salon National de LA FÂME au Palais des Congrès, alors que les franfreluches, l'extreme make-up et les push-up bras seront de mises. Alors que la décoration, les tapis de macramé et les outils roses de Marie-Lise Pilote seront à l'honneur. Alors que les vertus des poussettes GPS, des couches auto-nettoyantes et des dernières théories-sur-le-développement-des-enfants à la mode seront sur la sellette. Alors que les Airoldi et autres connaisseurs seront prêts à prêcher la bonne nouvelle commerciale. Il fait bon se remémorer les sages paroles de Nicole Therrien, du Front de libération des femmes du Québec (FLFQ) en 1970. (Cliquez sur l'image pour voir le vidéo.)



dimanche 20 mars 2011

Publicités sexistes

En farfouillant dans mon ordinateur (qui a grand besoin d'un bon ménage) j'ai trouvé un très vieux document datant des débuts de mon militantisme et de ma prise de conscience féministe. Parce que c'est encore un sujet d'actualité et beaucoup par nostalgie, voici une chronique tout droit sorti de mon jeune temps! J'avais alors pris connaissance de la page web de l'ASSÉ sur les publicités sexistes et j'avais recherché des publicités qui correspondaient pour les ajouter à l'article et faire circuler le texte à mes ami-e-s (ou plutôt devrais-je dire amis puisque je ne féminisais pas encore à l'époque ;)

« Petit manuel de dépistage du publisexisme

"Chaque jour, nous sommes exposés à plus de 1 500 annonces, ce qui constitue possiblement la force éducationnelle la plus puissante de la société. [...Les annonces] vendent des valeurs, des images et des concepts de succès et d’estime, d’amour et de sexualité, de popularité et de normalité. Elles nous disent qui nous sommes et qui nous devrions être."
Jean Kilbourne, "Beauty and the Beast of Advertising"

1- Supériorité : Attention au positionnement, à la taille, au niveau d’attention de l’homme par rapport à celui de la femme, montrés dans l’annonce. L’homme est au dessus, plus haut lorsque le couple est étendu, il regarde droit dans l’objectif alors que la femme a le regard détourné et est rêveuse...


Publicité d'une ligue de vêtement


2- Démembrement : Les parties du corps de la femme sont traitées séparément, "[...] perpétuant le concept selon lequel le corps d’une femme n’est pas relié à sa pensée et ses émotions. Le message caché : Tant qu’une femme a de belles jambes, qui s’intéresse à ce qu’elle est ?" Par ailleurs, la tâche d’être belle n’est jamais terminée, il faudra à la femme des seins fermes, des lèvres douces et pulpeuses et un beau derrière pour aller avec ses jambes - éléments qu’on pourra certainement se procurer grâce à une autre publicité.



Publicité d’une compagnie de lingerie

3- Enfantillage : "Alors que les hommes montrés seuls sont sûrs d’eux, forts et sérieux, la femme présentée seule est enjouée, badine, perpétuant l’idée selon laquelle les femmes sont des enfants et ne peuvent être prises au sérieux."



"99% des blondes qui jouent à la PS2 ont un QI anormalement élevé."
Publicité pour playstation 2


4- Inclinaison : La femme ploie, se courbe, que ce soit de façon détendue, séductrice ou soumise. "Elle paraît déséquilibrée, insécure et faible." L’homme, lui, se tient droit, inflexible et maîtrise la situation.


Publicité de bas d’une compagnie de vêtements

Publicité de Calvin Klein


5- Domination/violence : Le maquillage marqué autour des yeux, la coiffure échevelée, la femme prostrée ou étendue par terre, dominée par la caméra. L’œil au beurre noir revampé et l’agression glamour !



"À la place de mon match, elle voulait voir un documentaire sur les étoiles filantes. Elles les a vues."
Publicité d'une chaîne de télévision


Annonce de chaussures de Cesare Paciotti


6- La femme fantasme : Toutes les situations précédentes, mais avec une victime consentante, célébrée et délicieusement perverse. Le message cette fois-ci : la femme aime être dominée, choisit de traiter son corps comme une machine de sexe et de séduction, et prévoit elle-même l’heure et du lieu de son viol collectif.


Publicité d'une ligue de vêtement


«Rêvons d’un monde meilleur »
Publicité d’un magazine pour hommes


Inspiré d’une recherche de Barbie White, Media&Values, sur l’étude Gender Advertisement par Erving Goffman, Harper Colophon Books, 1979. Traduction libre.

Pour en savoir plus...
http://www.asse-solidarite.qc.ca/spip.php?article478&lang=fr
http://www.lameute.fr/documents/arguments.php3
http://infokiosques.net/imprimersans2.php?id_article=114 »



Depuis ce temps, l'ASSÉ en a fait un dépliant très utile
et j'expose maintenant ma furie sur ce blogue! On en fait du chemin pareil!



G.S.

samedi 22 janvier 2011

Pilosité féminine


J’ai fait une petite trouvaille cette semaine une page web complète sur la pilosité féminine. Il y a énormément de contenu, des articles sur à peu près tout ce qui touchent le sujet :
L'utilité des poils
L'épilation des femmes dans l'histoire récente
La pilosité féminine dans les médias
Le libre arbitre et l'influence des images
La pression sociale
Les ados et la pilosité féminine
Les femmes qui ne s'épilent pas
et encore plus!

Bref, du beau matériel parsemé de témoignages qui portent à réflexion.

Quelques extraits des différents articles :
(PF, fait référence à pilosité féminine)
11. L'attrait pour les corps glabres

[...] Tout le monde a entendu parler des "Monologues du vagin" d'Eve Ensler, voici un extrait qui démontre l'intransigeance et l'égoïsme d'un homme qui préfère le pubis rasé, on n'est pas loin du sadisme.

On ne peut pas aimer un vagin si on n'aime pas les poils. Bien des gens ne les aiment pas. Mon premier et unique mari les détestait. Il disait que ça faisait désordre. Que c'était sale. Il m'a fait raser mon vagin. Il avait l'air bouffi, tout nu comme celui d'une fillette. Mon mari, ça l'excitait. Quand on faisait l'amour, mon vagin ressentait ce que doit ressentir une barbe. C'était bon qu'on le gratte, et douloureux en même temps. Comme quand on gratte une piqûre de moustique. On aurait dit qu'il était en feu. Il avait des bosses rouges sanguinolentes. J'ai refusé de le raser de nouveau.
Puis mon mari a eu une liaison. Quand nous avons fait une thérapie de couple, il a déclaré qu'il allait voir ailleurs parce que je refusais de le satisfaire sexuellement. (…) Pourquoi je ne voulais pas satisfaire mon mari ? Je lui ai répondu que je pensais que c'était étrange. Je me sentais comme une petite fille quand je n'avais plus de poils en bas, là. Je ne pouvais m'empêcher de parler avec une voix de bébé, la peau s'irritait et aucune crème n'y faisait rien. Elle m'a répondu que le mariage était un compromis. Je lui ai demandé si le fait de se raser mon vagin empêcherait mon mari d'aller voir ailleurs.(…)
Cette fois-là, quand nous sommes retournés à la maison, c'est lui qui a rasé mon vagin. C'était comme si la thérapie lui avait valu un bon point. Il a fait quelques estafilades, et il y a eu un peu de sang dans la baignoire. Il ne l'a même pas remarqué, tant il était content de me raser. Puis Plus tard, quand il s'est collé contre moi, j'ai senti ses poils, piquants comme des épines, dans mon vagin tout gonflé. Il n'y avait aucune protection. Aucune toison.
C'est alors que j'ai réalisé que les poils ont une raison d'être - c'est la feuille autour de la fleur, le jardin autour de la maison. Il faut aimer les poils pour aimer les vagins. On ne peut avoir l'un sans les autres. De plus, mon mari n'a jamais arrêté d'aller voir ailleurs. [...]


15. Le libre arbitre et l'influence des images

[...] Pour celles qui invoquent le libre choix, voici une situation fictive qui fera réfléchir.
Imaginons que vous ayez un rash (inflammation) à une aisselle. Le dermato interdit rasage ou épilation mais c'est l'été et vous avez réservé dans un hôtel. Il y a 3 solutions.
1) Vous annulez vos vacances
2) Vous partez mais vous restez en t-shirt à manches
3) Vous assumez vos poils car vous vous moquez du regard des autres

Si vous choisissez l'option 1 ou 2, c'est que vous tenez compte du regard des autres, vous avouez par la force des choses que vous n'êtes pas libres de choisir.
Si vous choisissez d'assumer, vous avez une "bonne" raison de garder vos poils, un problème médical. Mais croyez-vous que ceux/celles qui vont vous traiter de yeti penseront un instant que vous ne pouvez pas vous épiler ? Où est le libre choix dans ce cas précis ? [...]

17. Le point de vue de féministes

Ce qui m'offusque c'est qu'on dise à une femme qu'elle SE néglige si elle ne s'épile pas. Je pense qu'en vérité elle SE néglige lorsqu'elle laisse aux diktats de la beauté des droits sur son corps. [...]


16. La pression sociale

[...] Toujours sur le blog d'Hélène, un commentaire humoristique datant de 2006 qui démontre bien que la pression sociale est permanente et qu'elle pousse à vouloir épiler au laser

Effectivement, je serais aussi prete a donner un mois de salaire pour pouvoir :
- porter des jupes sans me demander si j'ai le temps de me raser les jambes avant de partir au boulot.
- accepter gracieusement de faire trempette sans me dire "et m... je peux pas, je suis pas epilee"
- ne plus voir mes poils repousser (sous la peau ou pas)
- ne plus voir mes poils tout court, d'ailleurs...
- ne plus faire de boutons et/ ou points noirs quand j'ai des poils qui repoussent
- ne plus serrer les dents chez l'estheticienne (bon, d'accord, je n'y vais pas souvent, mais quand même)
- ne plus me dire "Et m..., j'ai oublie de m'epiler la moustache", en courant attrapper mon métro. [...]

7. La PF dans les médias (hors cinéma)

[...] Voici le compte-rendu d'une séquence d'une émission sur NRJ, un soir de 2006.
Un gars d'une vingtaine d'années (A1)téléphone pour se plaindre de "l'énorme touffe" (sic) de sa copine et demande comment faire pour la convaincre de s'épiler.
L'animateur principal qui s'appelle Michaël a 24 ans (M), il y a 2 autres animateurs et une animatrice. Je les appellerai NRJG ou NRJF (pour la fille). D'autres auditeurs (A2,A3) appellent ainsi qu'une fille (AF)

A1 : j'ai un problème, ma copine a une énorme touffe entre les cuisses, je trouve ça moche mais je l'aime et je tiens à elle
M : tu n'en as jamais parlé ?
A1 : non, je ne sais pas comment lui dire qu'elle devrait s'épiler sans la vexer
M : dis-lui que tu préfères quand c'est lisse, c'est surtout plus propre
NRJF : ça va pas non, ne lui dis surtout pas ça car elle va croire que maintenant, elle est sale
M : ouais m'enfin, c'est tout de même mieux
NRJF : ce n'est pas une raison pour dire que c'est plus hygiénique
NRJG : ouais mais moi, je me taille les poils du pubis, sinon, ça ressemble à une jungle et c'est plus propre
A2 : salut à tous, il n'a qu'à faire un jeu érotique en bandant les yeux à sa copine et en prenant une tondeuse
M : oui, c'est génial comme idée
NRJF : mais vous êtes dingues, elle va s'en rendre compte
NRJG : non, je trouve ça génial
A1 : ouais mais elle va entendre le bruit de la tondeuse, ça va pas le faire
NRJF : elle va surtout se rendre compte que tu lui coupes quelque chose et ça peut faire mal
AF : salut, j'ai 22 ans et je n'ai que le ticket de métro, si ta copine t'aime, elle devrait le faire par amour pour toi
M : ouais, c'est vrai ça, elle peut bien faire ça pour toi
A2 : j'ai dit ça à plein de meufs et elles se sont toutes épilées pour moi, je trouve ça plus propre
A3 : vous avez vu sur RTL9, ils passent des trucs pourris avec des femmes pleines de poils ("la série rose")
M : ouais c'est horrible mais bon, c'était à la mode dans les années 80
A2 : c'est quand mieux sans poils, c'est plus propre et plus érotique
M : ouais, moi je préfère le ticket de métro ou carrément, l'intégral. Tu te rends compte, tu tombes sur une fille super jolie, tu te retrouves au lit et là, tu vois qu'elle ne s'épile pas, ça me bloquerait complètement

Conclusion, l'auditeur allait essayer de le dire à sa copine de façon diplomatique.

Cela peut sembler anodin comme discussion mais si l'on regarde de plus près, on a droit à tous les clichés et on parle bien peu de la principale intéressée qui n'a peut-être pas du tout envie de s'épiler le pubis. C'est ça le plus terrible : au lieu de dire "es-tu sûr qu'elle a envie de le faire", on ne fait que lui conseiller plein de méthodes, dont certaines sont débiles.
On notera le fait que le gars dit l'aimer mais que ferait-il pour sa copine ? Arrêter de passer des heures sur sa console de jeu au lieu d'être avec elle ? Voir moins ses copains relous ? C'est à sens unique la plupart du temps, le gars débarque avec ses exigences (je veux que tu sois blonde, que tu aies des gros seins, que tu t'épiles, que tu sois mince) et "par amour", la fille n'a qu'à se plier. Pincez-moi, je rêve. [...]

28. Les femmes qui ne s'épilent pas

[...] Je me rase les aisselles depuis que des poils y poussent et les jambes depuis que j'ai 13-14 ans. Ça m'a toujours gonflé de "devoir" enlever mes poils, mais bien évidemment je le faisais quand même, pour ne pas avoir les remarques. Par contre, j'ai toujours fait ça au rasoir, je ne me suis jamais épilée : je refusais de devoir me faire mal pour "ça". Le rasoir avait l'avantage d'être rapide et indolore.
Au bout d'un moment, j'ai commencé à prendre conscience que je devais me battre pour mon "droit à ne pas vouloir m'épiler" (à 18 ans).
Alors que j'étais assez déterminée et que j'avais laissé les poils de mes jambes repousser (pas ceux des aisselles), j'ai vu une émission avec des cousines où une femme qui ne s'était pas rasé les jambes provoquait le dégoût chez un prétendant et mes cousines trouvaient que le gars avait raison.
Là, ma détermination vacille... Comment se battre contre ça ? Quelles seraient leurs réactions en voyant mes jambes ?
Et comme le lendemain on allait à la piscine, forcément... j'ai repris mon rasoir. Je me sentais vraiment mal (et désespérée face à ce conditionnement incroyable).
Quelques semaines plus tard, je rejoins ma petite soeur de 13 ans, qui n'a jamais touché à ses poils et qui ne s'est jamais posé de questions sur son apparence physique, devant la télé. Sur M6, commence une émission sur l'épilation : et voilà que défilent des dizaines de filles qui expliquent qu'elles le font toutes, qu'elles en ont marre de leurs poils, que c'est moche, que les garçons préfèrent quand c'est lisse, qui expliquent les différentes techniques pour les enlever... Comme d'habitude, ça me déprime. Et puis, à la fin de l'émission, je vois ma soeur se lever, le visage sans expression, et se diriger vers la salle de bain sans rien dire. Et là, je sais ce qu'elle va faire. Parce que c'est exactement dans ces conditions là que j'ai utilisé un rasoir moi aussi la première fois. Sans savoir pourquoi vraiment, mais il faut le faire, parce que tout le monde le fait. Et effectivement, j'ai pu vérifier plus tard qu'elle avait commencé à se raser les jambes.
Et là je me dis, c'est pas possible. Je peux pas laisser faire ça, je peux pas laisser ma soeur, du haut de son innocence, se laisser enfermer là-dedans sans comprendre pourquoi, parce que la télé l'a dit, parce qu'elle a peur du regard des autres.
Alors j'ai laissé mes poils repousser, et surtout, l'air de rien, je les ai exhibés devant elle, y compris pendant les vacances d'été, à la plage. Comme je suis blonde, ils ne sautent pas aux yeux (et je n'ai pas eu de remarques), mais je voulais qu'elle voie que moi je résistais à la pression des autres, que je ne m'épilais pas, et qu'elle n'était pas obligée de le faire non plus. Et j'ai vu qu'au bout d'un moment, elle avait arrêté de raser ses poils dès qu'ils repoussaient. Une fois la fin de l'été arrivée, ils étaient de nouveau longs. J'étais vraiment contente et j'espère que j'ai pu lui enlever, au moins partiellement, ce poids-là, qui est lourd à porter alors qu'il ne sert à rien.
Après, rien ne me dit qu'elle ne va pas tout enlever à nouveau quand elle devra aller à la piscine avec ses amis, mais bon, je voulais surtout qu'elle sache que ce n'était pas obligé, et que j'étais là avec elle...
Pour moi, c'est important de se donner le courage de faire ce genre de choses pour le transmettre à ceux pour qui c'est plus difficile, et notamment les plus jeunes à qui on empêche de se poser des questions, les timides, les hésitants... et ceux pour qui on est un modèle.
Depuis la rentrée scolaire, j'ai cessé de me raser les aisselles également... Quel étonnement de me voir avec des poils sous les bras pour la première fois de ma vie ! Je les trouve marrants, j'aime bien. Mais je n'ai pas encore osé les montrer, je les cache (c'est pas trop dur pour l'instant, c'est l'hiver). Je veux absolument avoir le courage de rester ainsi, mais je dois avouer que la réaction des autres me fait vraiment flipper, et je crois que je ne suis pas du tout prête à les montrer encore... Et ça me ferait beaucoup de bien, et ça me donnerait beaucoup de courage, si je n'étais pas seule, si quelqu'un de mon entourage était comme moi. Mais j'espère que d'ici à ce que je "doive" vraiment les montrer (robes, retour du printemps...), j'aurai gagné en détermination. (Marie, 19 ans) [...]


et pour terminer en bonus une vidéo de Vie de meuf sur le sujet du poils! et une vieille trouvaille sur le sujet dont j'avais parler ici: Les joies de l'épilation


G.S

mercredi 15 décembre 2010

Et la Mère Noël elle?

Une nouvelle via le Le féminin l’emporte, On ne tue pas un Père Noël tous les 2 jours 1/2..., en France
«Début novembre 2010, le dessin animé «Ratatouille» est diffusé sur TF1. Les enfants sont devant la télé. Pause publicitaire... avec le Crédit Mutuel : un père apprend à son fils (trentenaire) que «le Père Noël n’existe pas». De nombreux parents se disent choqués, un groupe facebook de lobbying contre cette publicité est créé, le Crédit Mutuel s’excuse et promet de ne pas refaire la même erreur. Depuis cette date, le Crédit Mutuel a fait modifier sa publicité, et les droits à l’existence du Père Noël sont dorénavant respectés. (toute l’affaire rappelée ici sur Rue89)

Les femmes aimeraient avoir droit aux mêmes égards ! La Meute contre la publicité sexiste et de nombreux-ses individu-es dénonçent toujours la publicité «oublier le cantal ça peut être fatal», financée en partie avec l’argent public. (Action La Meute à lire ICI et ma précédente note ICI)

Nous n’avons pas de réponse. Le Conseil Régional d’Auvergne et le Conseil Général du Cantal font la sourde oreille. Le Jury de Déontologie Publicitaire (JDP) a refusé d’enregistrer notre plainte car il ne voit pas le problème. Pourtant chaque jour, des femmes sont vraiment insultées, battues, par leur conjoint, exactement pour les motifs mis en scène par cette publicité. En France, tous les 2 jours 1/2, à cause de la violence conjugale une femme n'existe plus. Heureusement, le Père Noël est là. »


Il semble qu'une publicité qui annonce la non existence du Père Noël aux enfants soit une violence trop insupportable pour les parents, les psychologues et les enfants;
« La banque ne recule devant rien en s'attaquant aux rêves des enfants et en heurtant la sensibilité des plus jeunes d'entre eux ! »

« Retirer cet imaginaire à l'enfant, comme lui annoncer soudainement, en période de fête, que le Père Noël n'existe pas, pourrait être vécu comme une punition ou un mensonge. Lui supprimer cette part d'imaginaire, c'est comme lui ôter une part de son enfance. »


et que cette violence mérite des excuses et un retrait de la publicité immédiatement sans trop de résistance, tandis que pendant ce temps... les féministes françaises (et à travers le monde) luttent toujours pour dénoncer la banalisation de la violence contre les femmes et le sexisme dans la publicité.

À quand un tel élan d'indignation envers la non reconnaissance du droit à l'existence dans la dignité et le respect de la moitié de l'humanité?

Mère Noël a t'elle le droit d'exister elle aussi?


G.S.

jeudi 2 décembre 2010

Le "Summum" de la médiocrité

J'ai assisté cette semaine à une conférence très intéressante donnée par Lori Saint-Martin, professeure de littérature et chercheuse à l'Institut de recherche en études féministes de l'UQAM.

La conférence, intitulée "Ce que la presse masculine dit aux hommes", comprenait des résultats préliminaires de recherche qu'elle mène entre autre sur le magazine Summum.

Sans surprise, ses conclusions étaient que Summum était un magazine sans substance, avec un contenu très pauvre et qui présentait une image des hommes et des femmes très restreinte et stéréotypée. Elle énonçait entre autre les constats suivants:

1- Beaucoup d'hommes habillés et énormement de femmes à poil.


Summum se targue d'être "sexy mais non vulgaire" et ne veut pas être associé à des magazines pornographiques comme Playboy. Je vous laisse juger de l'atteinte ou non de cet objectif...




2- Le contenu rédactionnel est merdique.

Le contenu est axé sur des chroniques techno-auto-sexo principalement. On retrouve à chaque numéro un "dossier" de deux pages sur un "enjeu" de société. Exemple, ce mois-ci, Summum nous parle d'immigration clandestine. On s'entend qu'en deux pages, dont une de photo, tu fais pas trop le tour du sujet. Ce pseudo-vernis intellectuel craque assez vite de toute façon considérant que le 3/4 du magazine est constitué de photos de filles.

3- La construction des genres....s't'une job payante ça?

On s'en doutait, la vision des sexes présentée est essentialiste. On verra par exemple dans une chronique que "les femmes ne sont biologiquement pas faites pour le cul", sans plus d'explications. On associera allègrement l'homme au barbecue et la femme à la moppe. Plus que tout, on fera un éloge infini de cette merveilleuse complémentarité des sexes dans une floppée de chroniques psycho-sexo-pop qui justifieront que les hommes aient besoin d'écouter de la porno et de fourrer partout à cause de leurs gamètes reproductrices à tête chercheuse.

4- Fuck les féministes!

On en parle peu (heureusement), car en mal. On dénonce le Conseil du statut de la femme, le féminisme paléolithique et castrant. Les seules bonnes féministes (selon eux) sont celles qui dénoncent les autres plus "radicales" (comme celles du CSF...).

5 - Il n'y a qu'un seul type d'homme.

En voulant se détacher complètement du modèle du magazine féminin, Summum a créé un homme qui n'éprouve aucun sentiment à part de de l'excitation et de la colère. Un homme pour qui toutes les relations interpersonnelles (on s'entend qu'ils n'utilisent pas cette expression là!) avec les femmes ne repose que sur les rapports sexuels. Un homme plutôt seul, car on ne parle même pas de famille, d'amis ou de collègues dans ces pages. La masturbation est un plaisir solitaire faut croire. ;)


Certains me diront peut-être : "Oui, mais ya Summun Girl aussi, c'est égalitaire tu vois." Non.
Je concède le gars en bobettes sur la couverture, c'est tout. Summum Girl, c'est des pages et des pages de conseils relationnels, de "Comment faire grimper son homme aux rideaux en 2 étapes faciles", et de tests stupides. Summum Girl, ça parle de maquillage, de linge pis de comment plaire à tout prix.

Un exemple. Sur le site de Summum, on a en permanence des filles de toutes les régions du Québec qui soumettent leur candidature (sous forme de photos sexy) pour être la Summum girl du mois, la girl next door hot. Pour qu'elle gagne, les gars doivent voter pour elle sur le site à chaque mois. Sur le site de Summum Girl, le seul concours qu'il y ait eu, c'était Célibataires Hot et je ne suis pas certaine que les filles avaient à voter. Donc les filles se cherchent un chum, et les gars se cherchent une pl***e.

Somme toute, Summum c'est de la grosse marde. Ce n'est qu'un outil de plus pour renforcer les stéréotypes et objectiver les femmes (et même les hommes avec Summum girl) de plus en plus. En plus, personne peut s'en sauver en disant qu'il l'achète pour les articles! Messieurs qui consommez Summum, s'il-vous-plaît, achetez autre chose...genre le Monde Diplomatique là, pas genre Penthouse!