mardi 28 mai 2013

L'avortement sexo-sélectif : L'hypocrisie des anti-choix

En septembre 2012, le député conservateur Mark Warawa a déposé la motion 408. Cette motion vise à « condamner la discrimination exercée contre les femmes au moyen d’avortements sexo-sélectifs. » Cette initiative a été considérée par l'opposition comme une tentative détournée de rouvrir le débat sur l'avortement et elle n’a pas été traitée. D’ailleurs, la motion a été déposée tout de suite après l'échec de celle de son collègue Stephen Woodworth, M-132,  qui consistait à la formation d’un comité spécial pour déterminer si le foetus devrait être considéré comme un être humain. Malgré le rejet de la motion,  l’avortement sexo-sélectif continue de faire jaser et la droite conservatrice en a fait son nouvel argument pour restreindre le droit à l’avortement.  
 
C’est dans ce contexte que le journal La Presse du lundi 27 mai 2013 publie un dossier de deux pages sur ce qu’un des articles nomme la « Sélection fatale ». L’amalgame entre le contenu des articles et le choix des titres fait en sorte que sur le fond le dossier semble être une courroie de transmission des arguments de la droite conservatrice canadienne. 

Reprenons seulement quelques titres du dossier :

« L’improbable féministe »

On explique dans le paragraphe qui suit que devant le grave problème des avortements sexo-sélectif, Mark Warawa a décidé d’agir et de condamner la discrimination envers les filles. On le présente comme «  l’improbable porte-étendard de la lutte pour les droits des femmes ». Bref, le député conservateur est un grand défenseur des droits humains et des petites filles et cela n’a rien à voir avec le droit à l’avortement…

C’est oublier  un fait important, Mark Warawa est l'un des plus zélés députés anti-choix du caucus conservateur.   D’ailleurs, son parti politique a effectué une longue liste de mesures qui nuisent à l’égalité entre les hommes et femmes.
Sous Stephen Harper, les conservateurs ont aboli le programme de services de garde universels, abandonné la législation sur l'équité salariale, fermé la plupart des bureaux régionaux de Condition féminine Canada, modifié les critères des programmes de financement de Condition féminine Canada pour mettre fin aux activités de défense de droits et de représentation politique en faveur de modifications législatives, coupé le Programme de contestation judiciaire, interdit aux travailleurs du secteur public de porter plainte en matière d'équité salariale, refusé de financer l'accès à un avortement sans danger pour les femmes dans les pays en développement, sabré le financement de dizaines de groupes de défense des droits des femmes, éliminé le formulaire long obligatoire du recensement, augmenté l'âge d'admissibilité à la retraite, détruit le registre des armes à feu, omis de tenir une enquête publique sur les femmes autochtones disparues et coupé dans les budgets des services de santé aux Autochtones, etc.

Vaut mieux être méfiante quand un député clame sur toutes les tribunes se soucier des femmes quand son parti à une liste d’accomplissements aussi rétrogrades pour celles-ci.

 « Un paradoxe pour les féministes »
C’est carrément le titre d’un des articles. On peut y lire : « Comment peuvent-elles ignorer cette discrimination extrême envers les filles au nom du droit à l’avortement en toutes circonstances? » On y souligne le fait que pour « les féministes » les avortements sexo-sélectif créeraient un paradoxe entre le libre-choix et la discrimination envers les femmes.  On y dit que peu d’entre elles dénoncent cette pratique.

Est-ce qu’on sous-entend que les féministes sont en accord avec les avortements sexo-sélectifs? On mélange ici le fait de dénoncer une pratique et les moyens qu’on compte employés pour changer la situation. Ce n’est pas parce que les féministes refusent d’employer des mesures d’interdiction qu’elles sont en accord avec les avortements sexo-sélectifs.  En fait, celles-ci prônent des pistes de solution qui sont probablement bien plus efficaces que la restriction au droit l’avortement c’est-à-dire la construction d’une société égalitaire où une fille a la même «valeur» qu’un garçon. Il n’y a pas de paradoxe féministe. Le message des pro-choix est tout à fait cohérent, ce n’est pas la criminalisation de l’avortement qui va résoudre les problèmes de discrimination. On ne combat pas une discrimination envers les femmes en restreignant  les droits des femmes.

« L’avortement sans limite »
On enfonce le clou dans ce paragraphe en mentionnant que plusieurs pays ont interdit l’avortement sexo-sélectif et que le Canada n’a pas légiféré sur la question. On essaie d’insinuer que c’est le manque  d’encadrement de la pratique au Canada qui serait responsable de l’émergence de la problématique.  D’ailleurs les termes « avortement en toutes circonstances », « sans limite » ont une forte connotation et s’approche des mythes concernant l’avortement notamment qu’il y en a trop, que les femmes l’utilisent comme moyen de contraception, etc.

On oublie de mentionner que les initiatives de criminalisation dans d’autres pays notamment l’Inde sont inefficaces.  Effectivement, les femmes vont se tourner vers des avortements illégaux ou dans certain cas subir de la violence familiale durant leur grossesse.  Les exemples de mesures qui semblent les plus efficaces sont celles qui visent à lutter pour les droits des femmes notamment avec des campagnes de valorisation des filles, l’accès à l’éducation et au marché du travail.

« Un phénomène en émergence »
Le dossier en entier laisse entendre que cette pratique est très présente au Canada. On y cite une étude qui compare les ratios des naissances fille/garçon selon le pays d’origine de la mère. Les résultats montrent que les mères d’origine indienne donnent naissance à plus de garçons que de filles.

Cette étude ne fait pourtant pas consensus dans la communauté scientifique et certain-es chercheurs-euses contestent ces résultats. De plus, la différence statistique n’est peut-être pas forcément significative ou dû à l’avortement sexo-sélectif. Bref, sans minimiser que c’est possiblement une réalité au Canada, il faut rester critique des études à ce sujet et ne pas être alarmiste.

Une analyse féministe et anti-raciste

Ce dossier de La Presse n’est qu’un exemple de la propagation du discours anti-choix qui se sert habilement de l'enjeu des avortements sexo-sélectif. Le sujet s’impose et inévitablement il faudra que le mouvement pro-choix se l’approprie et y oppose un discours féministe et anti-raciste. Effectivement, la motion du député Warawa aurait eu des conséquences importantes sur les femmes racisées. Si une loi interdisait l’avortement sexo-sélectif, comment l’appliquerais-t-on? Toutes les femmes qui semblent d’origine indiennes ou chinoises vont-elles devoir être interrogées sur leurs motifs?  Va-t-on leur refuser un avortement et ainsi les pousser à recourir à des moyens illégaux? Tout cela dans le but de protéger les femmes de la discrimination?

Une telles mesure stigmatiserait les femmes racisées et encouragement le profilage racial. Certaines citoyennes sur la base de présomptions raciales se verraient privés d’un droit reconnu pour les autres. On décèle également le vieux message paternaliste qui dit qu’on ne doit pas faire confiance aux femmes dans leurs décisions concernant leurs propres corps.

Est-ce que forcer une femme à donner naissance à une fille qui n’est pas désirée est réellement une solution contre la discrimination? Ne devront-on pas plutôt travailler à améliorer les conditions de vie des femmes et des filles et faire en sorte que naître fille au Canada soit aussi valorisé et sécuritaire que naître garçon. Bien entendu, les conservateurs et la droite religieuse ne vous parlerons pas de ces filles après leur naissance, de leurs conditions de vie ou des discriminations qu’elles vivent. Là-dessus c’est le silence radio, tout comme c’est le cas au sujet de la plupart des dossiers qui touchent les femmes. On n’a qu’à penser aux femmes autochtones disparues et assassinées ou aux coupures dans l’aide aux réfugiées. Que les femmes naissent dans des sociétés inégalitaires qui jugent qu’elles « valent » moins que les hommes est le moindre de leurs soucis. Ce qui est à l’agenda, ce n’est pas l’atteinte de l’égalité entre les hommes et les femmes, mais bel et bien s’attaquer aux droits des femmes. 


Pour en savoir plus

La réplique › L’avortement - Interdire l’avortement sexo-sélectif, un leurre?

La motion contre les avortements sexo-sélectifs ne sera pas votée aux Communes

Motion 408 : une imposture

Motion 408 and sex-selection abortion: Pretending to care about women

Sexism, ableism and other anti-choice claims: What you need to know about Motion 408

Margaret Somerville's concern for the status of women

Un outil de réflexion sur l’avortement sexo-sélectif (en anglais)
Taking a Stand: Tools for Action on Sex Selection, un projet
Collaboratif de Generations Ahead, National Pacific American Women’s Forum (NAPAWF) and Asian Communities for Reproductive Justice (ACRJ).

mardi 30 avril 2013

Femmes et électrochocs en 2013

Ce titre fait sursauter. Des électrochocs en 2013? Des images assez sombres nous viennent en tête des années 50-60, où les électrochocs étaient pratiqués à froid et servaient bien souvent comme outil pour punir et réprimer plutôt que pour soigner. Suite à de nombreuses critiques durant les années 70 et à l’arrivée de plusieurs traitements pharmaceutiques, l’utilisation des électrochocs a diminué.

L’utilisation des électrochocs, maintenant appelée électroconvulsothérapie, ECT ou bien sismothérapie, semblent faire un retour en force dans beaucoup de pays occidentaux. Le nombre de séances d’électrochocs a doublé au Québec entre 1988 et 2003.  En 2011, plus de 6000 traitements aux électrochocs ont été administrés à un nombre indéterminé de personnes à travers la province.

Bien que maintenant, le traitement s’effectue sous anesthésie et avec un relaxant musculaire pour éviter les risques de fracture, la procédure reste la même. On fixe des électrodes unilatéralement ou bilatéralement sur la tête de la personne et on envoie un courant électrique pour provoquer une convulsion. Un traitement comprend plusieurs séances à une fréquence de 2 à 3 fois par semaine. Les études scientifiques n’arrivent toujours pas à expliquer comment le traitement produit des effets thérapeutiques.

En principe, les électrochocs sont un traitement de dernier recours spécifiquement pour les dépressions profondes et résistantes aux médicaments. Il nécessite également le consentement de la personne. En pratique, il semblerait que le traitement soit offert à des personnes ayant d’autres diagnostics tels que la schizophrénie, la maniaco-dépression, la psychose, les troubles paranoïdes, etc. De plus, les réalités vécues par les personnes peuvent venir restreindre considérablement le consentement. Effectivement, pour qu'il y ait réellement consentement, celui-ci doit être libre et éclairé.
Libre : sans promesse ni menace, de son plein gré et sans que les facultés soit altérées.
Éclairé : Où on dispose de toutes les informations nécessaires notamment sur le but du traitement, ses effets, la procédure, les risques et les traitements alternatifs.

Il n’y a pas de consensus sur l’efficacité du traitement par électrochocs. Cependant, les effets secondaires observés peuvent être importants surtout au niveau de la mémoire. Le Ministère de la santé et des Services sociaux du Québec a demandé à l’Agence d’évaluation des technologies et des modes d’intervention en santé (AETMIS), agence gouvernementale chargée d’évaluer les techniques et interventions et d’émettre des recommandations dans le domaine de la santé, de lui faire un rapport sur la situation de l’utilisation des électrochocs au Québec. Ce rapport a été publié en 2003. Dans son rapport l'Agence précisait que les incertitudes quant à l'efficacité et aux risques de l'ECT demeurent importantes et y formulait sept recommandations visant à encadrer cette pratique psychiatrique. Aucune n'a été mise de l’avant par le ministère depuis.

Il existe peu de statistiques sur cette pratique au Québec. Les groupes communautaires québécois ont maintes fois demandé des chiffres au ministère de la santé.  Parmi les chiffres obtenus par le comité Pare-chocs qui militent contre l’utilisation des électrochocs, on découvre entre autre que 
50% des électrochocs seraient donnés à des femmes de 50 ans et plus,
41% à des personnes âgées de 65 ans et plus,
Près de 10% à des femmes de 80 ans et plus,
et 75% à des femmes.

En lien avec ces données le comité organise chaque année à Montréal un événement le jour de la fête des mères contre les électrochocs.
Un septième rassemblement pour que cesse la violence à l’égard des femmes, des mères et des grands-mères
À l’occasion de la fête des Mères, un important rassemblement aura lieu le 11 mai prochain à Montréal pour demander l’abolition des électrochocs en psychiatrie. Les deux tiers des électrochocs sont donnés à des femmes. Selon des données obtenues par le comité Pare-chocs, 50% des électrochocs seraient donnés à des femmes de 50 ans et plus et 41% à des personnes âgées de 65 ans et plus. Près de 10% seraient administrés à des femmes de 80 ans et plus.  Rappelons que selon une étude récente les électrochocs causent plus de dommage chez les femmes et les personnes âgées. Le nombre de séances d’électrochocs avait doublé au Québec entre 1988 et 2003.  Aujourd’hui, on les compte toujours par milliers.  S’il n’est pas immédiatement aboli, ce traitement doit être placé sous haute surveillance et faire l’objet d’un débat public. 
Quoi : Rassemblement « Disons NON aux électrochocs ».
Quand : Le samedi 11 mai 2013 à 11h00.
Où : Montréal, Place Émilie-Gamelin (métro Berri-UQAM, sortie Sainte-Catherine).
Animation : Participation de la troupe KUMPA’NIA

Photo du rassemblement de 2012

Le comité soulève également qu’en matière d’électrochocs, il existe plus de questions que de réponses : 
« Combien d’électrochocs sont réellement prescrits au Québec?
Pourquoi les deux tiers sont-ils administrés à des femmes?
Pourquoi les femmes âgées de 65 ans et plus sont-elles plus susceptibles de subir cette intervention?
Pourquoi donne-t-on des électrochocs à des personnes âgées de plus de 80 ans?
Est-ce que l’électrochoc n’est utilisé qu’en dernier recours?
Combien d’électrochocs sont donnés aux enfants?
Combien de personnes décèdent ou subissent des séquelles permanentes suite aux électrochocs?
Malgré les recommandations de votre propre ministère, pourquoi n’apportez-vous aucun encadrement à cette pratique controversée? »


Force est de constater que les électrochocs sont bel et bien un enjeu féministe. D’ailleurs, le mouvement féministe a dénoncé à de mainte reprise l’aspect sexiste et patriarcal de la psychiatrie qui tend à diagnostiquer très facilement des problèmes de santé mentale aux femmes. On oublie facilement que derrière les étiquettes qu’on colle à ces femmes, se retrouve des réalités de vie forgées par des conditions structurelles, sociales et économiques. Si les diagnostics sont politiques, probablement que les traitements également! 

En plus de déconstruire nos préjugés envers les personnes avec des problèmes de santé mentale, nous devrions également leur offrir tout le soutien qu’elles méritent. Des traitements humains et des ressources suffisantes qui prennent en compte les gens dans leur globalité et les situent dans leur environnement social. Encore plus important, nous devrions garder en tête que bien souvent c’est la société patriarcale qui nuit à la santé physique, psychologique et spirituelle des femmes. Et si c’était le patriarcat qu’il faudrait plutôt électrocuter? 


Pour en savoir plus :

Les électrochocs – Aide-mémoire de l’Association des groupes d’intervention en défense des droits en santé mentale du Québec (AGIDD-SMQ)

Le Comité Pare-chocs

Électrochocs : un traitement toujours controversé – Reportage de la première chaîne de Radio-Canada

L’utilisation des électrochocs au Québec – Rapport de l’Agence d’évaluation des technologies et des modes d’intervention en santé

Les électrochocs, une forme de violence contre les femmes - Bonnie Burstow, Ontario Institute for Studies in Education

Shock tactics. Why so many women are still coerced into electro-convulsive therapy – The Guardian

Électrochocs - Des femmes dénoncent! p.10-12

“Why isn’t the feminist blogosphere all over this?”

Psychiatry: Oppressive, Paternalistic Social Control & Bad for You, Mmm’kay?

lundi 22 avril 2013

Paparazzi & creepshots - Outils de contrôle du corps des femmes



Les magazines sur les célébrités et les potins de la dernière heure sont monnaie courante dans les kiosques à journaux. Le vedettariat américain est d’une importance presque sans mesure, c’est  un des endroits où le phénomène des paparazzis est extrêmement présent. Les paparazzis sont des photographes qui ont pour domaine de prédilection la vie privée des célébrités. Ces photographes, la plupart du temps indépendants, poursuivent les célébrités et  vendent par la suite leurs clichés aux médias. 

Culture «  Paparazzi  »





Il est difficile d’imaginer ce à quoi peut ressembler un quotidien sans vie privée où tous nos faits et gestes peuvent être illustrés sans notre consentement dans les magazines. Question d’avoir un cliché savoureux, les paparazzis cherchent à surprendre les célébrités en situation vulnérable ou jugée «humiliante». On a qu’à  penser aux photos prises d’Amy Whinehouse lorsqu’elle avait vécu des problèmes de consommation de drogue.  On voit  souvent des grands titres qui commentent le physique des stars accompagnés de photos peu flatteuses. Bien sûr, l’article qui accompagne la photo rappelle combien celle-ci a pris du poids, celle-là est laide sans maquillage, l’autre a commis le sacrilège de ne pas se raser…  Loin de s’offusquer d’un traitement aussi rude, le public continue d’acheter ces magazines. 





Certains rétorqueront que c’était leur choix de devenir célèbre, que cela fait partie du jeu et qu’elles doivent l’assumer. On constate à ce moment combien l’entreprise de déshumanisation des célébrités est fortement ancrée dans les mentalités. Et si les paparazzis en avaient soudainement après vous?   Il y a une différence entre une photographie prise à son insu et une photographie prise avec notre consentement, cela vaut pour tout le monde.  D’ailleurs, le déni du consentement qui définit la pratique des paparazzis est une forme de prise de pouvoir sur la personne photographiée. Cette prise de pouvoir s’accompagne souvent de comportements agressifs: poursuite automobile, harcèlement, agression.  Plusieurs vedettes ont fait appel à des injonctions pour se protéger des paparazzis. Les femmes, en plus de l’attitude agressive, doivent parfois faire face au harcèlement sexuel. Par exemple, il n’est pas rare que les paparazzis tentent de faire ce qu’on nomme des «  upskirt shot  », c’est-à-dire de prendre des clichés sous leurs jupes lorsqu’elles sortent d’une automobile. De plus, les journaux font souvent les grands titres en s’offusquant des moments où une vedette s’en prend aux paparazzis oubliant de mentionner le contexte dans lequel la célébrité a commis ces gestes.

Mis à part les conséquences sur la vie privée et la dignité de ces vedettes, en quoi la culture «  paparazzi  »  a-t-elle des impacts sur notre quotidien?  Et bien, si des photographes, des magazines, les médias télévisés ainsi que les consommateurs et consommatrices de ces photos trouvent acceptable le harcèlement subit par les célébrités, plus particulièrement les femmes, vont-ils s’offusquer que le même sort soit réservé à d’autres personnes?


Phénomène des creepshots

En effet, il me semble qu’on peut établir de nombreux liens avec le phénomène des creepshots qui prend de l’expansion sur le web. Qu’est-ce que les creepshots? Ce sont des photos prises d’une personne sans son consentement. Les creepshots sont généralement des clichés des fesses d’une femme, de son décolleté ou d’une prise de vue sous sa jupe.

Sur le populaire site Reddit, où les utilisateurs et utilisatrices peuvent mettre du contenu, ils existent plusieurs forums de creepshots. Les internautes s’y donnent des conseils pour obtenir de bons clichés et publient leurs photos.  On peut y voir des centaines d’images de femmes, attendant le train, emballant leur épicerie, debout sur un escalier roulant,  toujours avec des prises de vue de leurs fesses, de leur poitrine ou de leur entrejambe. On peut également probablement y observer des jeunes femmes mineures puisque plusieurs clichés semblent être pris dans des contextes scolaires. À cela s’ajoute des centaines d’autres sites web qui contribuent à la «  sous-culture  » des creepshots. Le but étant de prendre des photos à l’insu des femmes et des filles, les partager et récolter de la reconnaissance et des commentaires.  Aussi horrifiant cela soit-il, il semble que pour les internautes qui consultent ces sites web et les photographes amateurs qui les alimentent, il soit tout à fait acceptable de violer la vie privée et la dignité d’autrui. La réalité est que le mouvement «  creepshots  » se définie par le fétichisme du non consentement des femmes.

D’ailleurs un de ces sites mentionne explicitement dans sa description le lien étroit entre les creepshots et les paparazzis  : "When you are in public, you do not have a reasonable expectation of privacy. We kindly ask women to respect our right to admire your bodies and stop complaining. We are no different than paparazzi."
(Traduction libre  : Lorsque vous êtes en public, vous ne pouvez pas raisonnablement espérer de vie privée. Nous demandons gentiment aux femmes de respecter notre droit d'admirer leurs corps et d’arrêter de se plaindre. Nous ne sommes pas différents des paparazzis.)


On peut y déceler le message que les femmes devraient accepter le fait que leur corps soit en permanence l’objet du regard masculin, voire même s’en sentir flatter. De plus, on voit bien que les creepshots semblent s’appliquer seulement aux femmes. Une rapide recherche sur le web mène au constat que les victimes de creepshots sont presque exclusivement des filles ou des femmes.

Traduction libre : Ce n'est pas parce que je suis dans un espace
public que mon corps devient une propriété publique.
Ainsi, cette nouvelle tendance tend à renforcer le contrôle de la société sur le corps des femmes. Effectivement, non seulement ces photos dénigrent souvent les femmes qui y figurent, mais elles sont également un symbole puissant qui lance le message que les femmes, où qu’elles soient, peuvent se faire prendre en photo à leur insu et voir celles-ci circuler sur le web avec presque aucun recours. Il semble que l’avènement des nouvelles technologies ait en quelque sorte créé un nouveau type de harcèlement sexuel qui vient renforcer de manière encore plus insidieuse l’idée que les femmes sont disponibles et «  à la merci  » de tous, en tout temps et en tout lieu. Le corps des femmes devient une propriété publique qui peut être possédé, admiré ou dénigré.







Au Québec, l’émission Paparadis

On pourrait croire que le Québec se sauve de cette culture «  paparazzi  », malheureusement nous aurions tort. Effectivement, en 2010, Mélissa Paradis, une paparazzi professionnelle d’Hollywood, s’est associée à VRAK.TV pour diffuser l’émission Paparadis.
« Jet set, primeurs, accès exclusifs... ou interdits! Avec Paparadis, la paparazzi Mélissa Paradis a maintenant son magazine télé et t'entraîne au coeur du star-système hollywoodien! En plus des capsules que tu connais déjà, Mélissa te fait découvrir les coulisses et les lieux les plus glam d'Hollywood, tout en couvrant les événements les plus courus de la capitale du cinéma. » 
L’émission pour adolescentes et adolescents est encore actuellement en onde. On y retrouve  l’attitude malsaine classique des paparazzis. La volonté d’avoir absolument une photo, même si la vedette refuse clairement, est omniprésente.  L’animatrice de l’émission décrit cette aspect de son travail en disant qu’elle doit gérer avec la «  non collaboration  » des vedettes. En d’autres mots, elle essaie d’obtenir les photos qu’elle désire malgré l’absence de consentement.  Bref, une belle émission sur l’art de la violation de la vie privée.


Quelques exemples du langage (similaire à la chasse) utilisée dans le cadre de l’émission  :

«  Quand les stars vont se chercher de quoi à manger, c’est toujours plus facile de les coincer, elles ne peuvent pas se sauver  » 
«  J’ai commencé ma chasse avec John  » 
«  Parfois les vedettes ne veulent pas se faire prendre en photo et tentent de se cacher, il arrive même qu’elles ne collaborent pas du tout  »

Est-ce qu’espionner des célébrités, user de stratégies pour s’infiltrer dans leur vie privé afin de nourrir l’obsession des fans peut être considéré comme un métier que l’on veut présenter aux adolescents et adolescentes comme positif et utile à la société?

Comble de l’hypocrisie, VRAK.TV se targue de promouvoir l'estime de soi et une image corporelle saine et diversifiée dans le cadre d’un concours L'égalité à l'œuvre.

Comment une chaîne peut prétendre encourager l’égalité entre les hommes et les femmes quand elle fait explicitement la promotion d’une industrie qui se base sur le contrôle du corps des femmes. En plus, de rendre «  glamour  » un métier basé sur le non respect du consentement, cette émission propage les messages nocifs de cette industrie qui encourage les femmes à juger et se moquer de l’apparence de leurs consœurs. On est à milles lieux d’inculquer le respect des autres, l’estime de soi et la nécessité d'images corporelles saines et diversifiés aux jeunes filles et garçons. 

Nul doute qu’il faut entamer une sérieuse réflexion sur le phénomène «  paparazzi » et ses dérivés, dont les creepshots. Une remise en question d’autant plus importante qu’à la base cela concerne la notion de consentement ainsi que l’image des femmes et le contrôle de leurs corps. 

Si cet article vous a interpellés, nous vous invitons à laisser des commentaires sur l’émission Paparadis à VRAK.TV, simplement suivre ce lien  : 
Contacter VRAK.TV

Et inviter vos amiEs à faire de même!



mardi 12 février 2013

Méli-mélo de St-Valentin


Le 14 février, journée comme les autres? Occasion de fêter? Dans tous les cas, les Furies vous offrent un méli-mélo pour la St-Valentin!

-What If Everyone Had Only One True Soul Mate, a Random Person Somewhere in the World?
Si chaque personne a son âme sœur quelque part dans le monde, qu'est-ce que cela implique? Cet article analyse les quelques questions qui s'imposent face au concept d'âme sœur qui assume que chaque personne a une moitié qui lui est destinée. On ne connait rien d'elle, mais comme le veut le cliché romantique, dès le moment où leurs regards se croisent les deux personnes se reconnaitront. Est-ce que son âme soeur est toujours en vie? A-t-elle le même âge? La même langue, la même culture? Si sa trouvaille dépend d'un regard, combien de personnes regarde-t-on dans les yeux durant notre vie, question de calculer nos probabilités de la croiser? Devront-on créer un SoulMateRoulette afin de croiser le regard du plus grand nombre de personnes possible? Bref, une petite réflexion cocasse qui pousse un important cliché romantique aux limites de la logique!


- La St-Valentin se trouve également être, cette année, une journée importante de mobilisations féministes.

Marche commémorative pour les femmes disparues et assassinées
Justice pour les femmes autochtones disparues et assassinées (Missing Justice) vous invite à assister, promouvoir et participer à la Marche commémorative pour les femmes disparues et assassinées.

Le jeudi 14 Février à 18h00, Métro St. Laurent Montréal
Évènement Facebook






V-Day One billion rising
Le 14 février 2013, à l’occasion du 15ème anniversaire de V-Day, fondation créée par Eve Ensler, l’auteure des Monologues du Vagin, un milliard de femmes et tous ceux qui les aiment se lèveront et danseront dans les rues pour demander la fin de cette violence.

Montréal
Rassemblement contre les violences faites aux femmes
Jeudi le 14 février
De 15h à 16h
Au Square-Victoria
(St-Antoine Ouest/rue du Square-Victoria)
Métro Square-Victoria (sortie Square-Victoria)

Évènement facebook

Sherbrooke
14 février à 16:30 devant la mairie de Sherbrooke, au coin Frontenac et Wellington.
Évènement Facebook


- Pour terminer en beauté, la traduction de la fin, pleine de sagesse, de cet article féministe sur la St-Valentin :

    En cette Saint-Valentin, je mets au défi chacune d'entre nous de prendre cette journée de l’amour pour la personne la plus négligée dans nos vies - nous-mêmes. Prenons soin de nous tout comme nous le faisons avec nos enfants ou nos proches. Faisons en sorte que tous les jours de l’année soit une St-Valentin féministe pour nous-même!


dimanche 6 janvier 2013

Résultats du palmarès de la honte 2012

Voici enfin les résultats tant attendus de notre sondage 2012! La compétition était féroce pour avoir une place dans notre palmarès de la honte! 

Contrairement à leur année 2012, l'année 2013 débute bien pour les Républicains! Effectivement, ce sont les grands gagnants du palmarès avec 39% de vos votes. On vous rappelle qu'ils se sont illustrés en 2012 par leur totale incompréhension de la biologie humaine et leur fabulations concernant le concept de viol. Donc, félicitations aux Républicains apologistes du viol! En espérant que leur récente défaite aux élections les découragera pour de bon de prendre la parole sur la place publique.

 La lutte pour les 2e et 3e positions a été chaude. C'est finalement le groupe Facebook Toutes des folles qui remporte la 2e place avec 20%. Avec 18% des votes, Rona Ambrose, notre très compétente ministre à la condition féminine, n'est pas loin derrière.

La 4e place revient à François Legault, dont les propos insignifiants n'ont pas suffit à vous convaincre. Finalement, avec 7% des votes, les produits inutiles pour femmes ont la dernière place.

Résultats du sondage en date du 6 janvier 2013
En résumé, vos votes s'élèvent à la mesure de la gravité des inepties proférées par les candidat-es. Comme à l'habitude, nous espérons (sans trop d'espoir) qu'il n'y aura aucun-e candidat-e pour ce palmarès l'an prochain. Merci à toutes et tous pour vos votes. Bonne année à tout le monde!

vendredi 21 décembre 2012

Petit guide de survie pour déconstruire le discours masculiniste


Pas toujours facile les soupers de famille du temps des fêtes, surtout quand le sujet de l’égalité entre les hommes et les femmes vient sur la table.  Question de rétablir quelques faits autour de votre repas des fêtes si le cœur (et le courage) y est, voici un bref guide de survie pour déconstruire quelques arguments masculinistes.

Qu'est-ce que le mouvement masculiniste?
Ce mouvement mets de l'avant l’idée que les hommes vont mal et que la masculinité est en crise. La plupart du temps, ce discours relie cette crise aux femmes et surtout aux avancés du féminisme qui feraient en sorte que les femmes domineraient la société québécoise. Bref, le Québec vivrait sous le matriarcat. Les hommes seraient relégués à des rôles méprisables et seraient opprimés par les femmes.

Malheureusement, ce discours a fait son chemin dans les médias et bien des gens y croient de bonne foi. Il est donc fort possible que l’oncle Yves, grand-père Bertrand ou même la cousine Marie vous parlent du «fameux» matriarcat québécois. 

Voici 3 arguments qui sont assez bien ancrés dans l’opinion populaire et qui sont souvent mis de l’avant par le mouvement masculiniste.

Décrochage scolaire des garçons
Le système scolaire ne serait plus adapté aux garçons. Les méthodes d’enseignement et les programmes seraient féminisés et décourageraient les garçons étant donné que cela ne correspond pas à leur nature masculine.

Il est clair qu’il faut viser la réussite scolaire de tous les enfants. Cependant, il est faux de prétendre que les femmes sont responsables des difficultés scolaires des garçons. Les difficultés des garçons sont, fort probablement, bien plus reliées à l’effet des stéréotypes sexistes. Pourtant, loin de remettre en question la socialisation différenciée des garçons et des filles, les masculinistes la valorisent en réclamant un retour à des modèles traditionnels d’éducation et parfois jusqu’à la non mixité des institutions scolaires.

Ces solutions mises de l’avant par les tenants du discours masculiniste se réfèrent à un modèle unique et très restreint de la masculinité. L’ouverture à la diversité constitue néanmoins une bien meilleure manière d’améliorer le rapport à l’école des enfants et de les préparer à la vie en société. La réussite scolaire passe par la réduction des stéréotypes sexuels, pas leur renforcement et leur promotion.


Suicide des hommes
Le pourcentage élevé de suicide chez les hommes est souvent associé aux avancés du féminisme, aux choix des femmes de se séparer de leur conjoint et l'absence de modèles purement masculins.

Empiriquement, il est vrai que les hommes au Québec se suicident plus que les femmes, mais il est à noter que les masculinistes, qui font grand état de ces statistiques, ne les décortiquent pas. En effet, si on s'attarde aux catégories d'hommes les plus à risque, on retrouve les amérindiens, bisexuels et homosexuels. Chez les bisexuels et homosexuel, c'est souvent la pression sociale à se conformer au modèle hétérosexuel qui amène une détresse. D'ailleurs, les propos des masculinistes ne s'attardent qu'aux suicides des hommes blancs hétéros séparés ou divorcés.

La préoccupation seulement face au suicide des hommes occultent ceux des femmes. Effectivement, pour certaines tranches d'âge celles-ci se suicident même plus que les hommes. Pour les 30-49 ans en 1999-2000, il y a eu 5,2/10 000 suicides chez les femmes et 4,8/ 10 000 suicides chez les hommes.

Si on tient compte des tentatives de suicide, selon les statistiques, les femmes en font plus que les hommes ou se retrouvent à égalité. Comment expliquer la plus forte mortalité des hommes? Et bien, les femmes ont une tendance à se tourner moins souvent vers des méthodes plus meurtrières (arme à feu, monoxyde de carbone) soit parce qu'elles n'y ont pas accès, qu'elles ne sont pas familières avec celles-ci ou que leur socialisation ne les encourage pas à opter pour ces méthodes.

De plus, les causes des suicides sont variées et multiples. Le suicide est une problématique complexe qui ne peut se réduire à dire que les hommes souffrent à cause des femmes.

Garde partagée des enfants
Le système judiciaire serait corrompu et favoriserait de manière systémique les femmes dans l'attribution de la garde des enfants. 

L'attribution de la garde des enfants que les parents soient mariés, unis civilement ou conjoint de fait est encadrée juridiquement. La notion de l'intérêt de l'enfant est un pilier central de ces lois. Pour restreindre le droit d'accès d'un parent, le système judiciaire doit avoir la preuve que le parent à un comportement qui peut aller à l'encontre de l'intérêt de l'enfant.

D'ailleurs, les cas qui se rendent jusqu'au juge pour trancher sont assez rares. En effet, les parents la plupart du temps s’entendent à l'amiable ou passent par un processus de médiation qui vise à trouver une entente. Une fois cette entente faite, le tribunal ne fait que l'entériner. C'est dans environ 12% des dossiers que les parents ne parviennent pas à s'entendre sur la garde et où le juge devra prendre une décision. La plupart des choix concernant la garde des enfants ne proviennent donc pas du système judiciaire, mais d'un accord mutuel entre les parents.

Pour en savoir plus sur le sujet :

Le livre Le Mouvement masculiniste au Québec : l'antiféminisme démasqué sous la direction Mélissa Blais et Francis Dupuis-Déri

Et une vidéo de Katerine Martineau, diffusée par Vidéo distorsion, qui déconstruit plus largement l’argumentaire masculiniste.



On se laisse sur une petite BD! Joyeuses fêtes à toutes!

1) Je ne suis pas féministe, mais
2) Seulement attendre là et être décorative est un peu ennuyant
3) Finalement, je suis vraiment féministe

dimanche 2 décembre 2012

SONDAGE: Le palmarès de la honte 2012

*SONDAGE TERMINÉ* Vous pouvez voir les résultats ici.

Bonjour à toutes, amies furiesques!

Nous ne sommes pas très actives ces derniers temps, mais nous sommes de retour juste à temps pour faire élire notre sexiste préféré-e de l'année! La lutte sera féroce, car malheureusement les manifestations de sexisme n'ont pas cessé depuis l'an dernier. La liste des candidat-es est variée. Bonne chance pour faire votre choix! Nous révèlerons la personne/chose gagnante au début du mois de janvier!

La personne/chose sexiste de l'année 2012?
François Legault
Produits inutiles pour femmes
Les Républicains
Groupe Facebook Toutes des folles
Rona Ambrose



Les candidatures plus en détails!

Dans le coin sud: François Legault sous son meilleur jour

Durant la campagne électorale québécoise qui s'est achevée récemment, le candidat François Legault nous a offert quelques perles de sagesse. 

À la suite d'un sondage affirmant que l'électorat féminin le boudait, Legault affirmait que:

 " Le changement, c’est sûr que ça amène toujours une période d’incertitude donc ça inquiète certaines personnes mais je pense qu’on est rendus à l’étape où on n’a pas le choix de faire ces changements puis c’est ce qu’on va essayer d’expliquer aux femmes du Québec".
 Sa stratégie pour convaincre les femmes: 

«Je vais essayer d'examiner ce que je peux faire pour plaire davantage aux femmes», a dit François Legault, s'interrogeant sur sa tenue vestimentaire. «Cravate, pas de cravate?»

Pourtant, il est loin de les avoir convaincues, entre autre lorsqu'il affirme que les femmes, plus précisément les enseignantes, sont moins préoccupées par le salaire que les hommes. Il propose donc d'augmenter le salaire des enseignant-es pour attirer plus d'hommes en éducation.

 «Les garçons attachent plus d'importance que les filles au salaire, cela explique pourquoi des garçons vont devenir ingénieur plutôt qu'enseignant», laisse-t-il savoir.
Donc, à défaut de gagner les élections, gagnera-t-il notre sondage? 


Dans le coin est: Produits stupides pour femmes

Malgré tous les progrès effectués par les femmes, malgré les innombrables preuves que les femmes et les hommes peuvent s'intéresser aux mêmes choses et consommer les mêmes produits, les concepteurs et publicistes s'entêtent à créer des produits ridicules ciblant les femmes. Par exemple:

Le tout nouveau modèle de Honda Fit "She's": En résumé, la voiture est rose et elle réduit les rides à l'aide de ses vitres qui bloquent les rayons ultraviolets et son système d'air climatisé qui améliore le teint. WOW.


Second produit: Les stylos Bic for Her
Personne ne peut mieux le ridiculiser qu'Ellen Degeneres dans ce vidéo!


 En avez-vous assez du marketing rose et idiot prenant les femmes pour des nunuches?

Dans le coin nord: Les Républicains apologistes du viol 

Dans les derniers mois, nous avons aussi eu la chance de subir une élection présidentielle aux États-Unis. Comme d'habitude, les Républicains en ont profité pour se montrer sur leur jour le plus glorieux. Plus de cinq candidats républicains nous ont offert des faits(!) sur le viol dont nous n'avions jamais entendu parler.

Prenons d'abord Todd Akin qui s'est fait un plaisir de nous apprendre des merveilles sur le coprs féminin. Saviez-vous que lorsqu'un viol est "légitime", le corps va magiquement bloquer le sperme et que la femme ne pourra tomber enceinte? Non, hein? Eh oui, donc si vous tombez enceinte après un viol, bien ce n'en était pas un. Désolée de vous l'apprendre.

Un autre candidat, Roger Rivard, s'est contenté de dire que certaines femmes sont juste "faciles" à violer. Après avoir provoqué un tollé avec cette déclaration, il a tenu à clarifier ces propos. Ce que nous en comprenons par la suite, c'est que même si la relation est consensuelle le soir, elle peut être devenue un viol le lendemain si la jeune fille a besoin de se justifier auprès de ses parents ou pour une grosses non désirée.  Bravo pour encourager l'idée que les femmes ne font qu'utiliser les accusations de viol à leurs propres fins.

Enfin, pour tourner le fer dans la plaie, Rick Santorum et Richard Murdock ont tenté de nous consoler en nous disant qu'au fond, si un enfant naissait des suites d'un viol, il s'agissait d'un "cadeau de Dieu"...  Je vous laisse méditer là-dessus.

Malheureusement, il ne s'agit que de quelques affirmations horribles parmi une tonne. Le tableau sur la droite en témoigne.

 Est-ce que les apologistes du viol vous ont convaincues de voter pour eux? Ça les consolerait peut-être d'avoir tous perdu leurs élections.





Dans le coin ouest:  Groupe Facebook Toutes des folles

Facebook n'en finit plus de nous prouver sa tolérance envers les groupes misogynes et haineux. Le groupe misogyne Toutes des folles a dû être fermé par des militant-es anti-fascistes. Ce groupe faisait l'apologie de la violence envers les femmes sous toutes ses formes et se plaisaient à dire qu'elles étaient toutes folles. Ils produisaient et vendaient des autocollants TDF et les apposaient un peu partout sur leurs voitures et vitrines de commerces. Voici deux exemples parmi tant d'autre de leur stupidité.




À ceux et celles qui pourraient penser qu'il ne s'agit que d'humour inoffensif, il faut voir comment ils se justifient auprès des médias qui les ont interrogés.

Questionnés dans un stationnement de la ville, des membres ont défendu l'existence du groupe TDF. « Ça prouve la vérité, il y en a qui sont folles dans la tête! », déclare Thomas Vermeron.

Pour Jean Stéphane, le site est en réaction aux critiques de femmes envers les hommes. « On dirait qu'on essaie de se venger, c'est comme un petit trip personnel », affirme-t-il.

 Alors, allez-vous vivre votre propre petit trip personnel en votant pour eux?


Dans le coin centre:   Rona Ambrose

Les Conservateurs du Canada n'en finissent plus d'asséner des attaques à notre droit à l'avortement. L'une des dernières en lice était le projet de loi M-312, présenté par le député Stephen Woodworth. Ce projet visait à étudier le foetus en vue d'éventuellement lui accorder le statut de personne dans notre code criminel. Cette action entraînerait une criminalisation du droit à l'avortement. Il s'agit là de l'objectif explicite du député. Bien qu'il mériterait lui même une place dans ce palmarès, c'est la ministre de la condition féminine Rona Ambrose qui s'est particulièrement illustrée en votant POUR le projet de loi. Une ministre de la condition féminine qui vote en faveur d'un projet de loi anti-choix.... OK.... Nous n'avons rien d'autre à dire là-dessus.

Est-ce que ce sera la candidate qui fera frémir votre utérus?


À vos votes! Les résultats à venir! Joyeuses fêtes à toutes!

Les Furies